Le jour où je suis devenue maman

Récit de mon accouchement

Il y a des jours que l’on n’oublie pas. Ces instants où la majorité de la planète entame une journée normale alors que nous, nous allons vivre un moment exceptionnel. C’est ce qu’il s’est passé pour Mari-Chéri et moi-même le dimanche 29 Septembre 2019. Vous l’aurez compris, après avoir eu beaucoup de messages privés me le demandant, j’ai décidé de vous raconter la journée la plus extraordinaire de ma vie, celle où je suis devenue maman.

Ça y est, c’est le jour J !

Le troisième trimestre de ma grossesse fut plutôt chaotique, j’y reviendrai dans un prochain article. En effet, j’ai été mise très rapidement au repos suite à de trop nombreuses contractions. Ces dernières, appelées contractions de Braxton Hicks, ne sont pas censées être douloureuses ni même dépasser la quinzaine par jour. Il s’est avéré que j’en avais des assez douloureuses à hauteur d’une 60aine par jour si ce n’était pas plus. Au cours du neuvième mois, j’ai été sujette à des épisodes de faux travail. Cela se manifestait par des contractions plutôt très douloureuses, longues (3 minutes en moyenne) et espacées de 5 minutes voire de 2-3 minutes ! Pourtant, je ne me suis jamais dit que c’était le vrai travail qui commençait. Pourquoi ? Et bien parce qu’on m’avait affirmé que je saurais reconnaître les vraies contractions des fausses. Alors, certes, c’était très douloureux, mais je m’attendais à bien pire le jour J…

Erreur, ma petite ! Au final, j’ai eu la chance de perdre les eaux en premier car, les vraies contractions ont été moins douloureuses et beaucoup moins longues que celles que j’avais connu, et ce, jusqu’à 4 de dilatation. Je me dis que j’aurais pu ne pas partir assez vite à la maternité si cela c’était passé autrement.

bébé accouchement

Mais revenons à nos moutons. Ce samedi 28 septembre, je me sens bien ! Fatiguée comme toujours, mais cela fait une semaine que je n’ai quasiment pas de contraction. On décide donc avec Mari-Chéri de me « sortir » (ben oui, je ne pouvais même plus conduire, car babychou me bloquait les nerfs 😉 ) et d’aller à Cultura. Je suis énorme, le mode baleine est activé, et les gens se retournent à mon passage. Nous sommes restés 1h30 à flâner à mon rythme d’escargot et je vous avoue qu’une part de moi s’est demandé « oh, mais si je perdais les eaux maintenant… ». J’ai écarté directement cette option, c’est un cliché hollywoodien !

Le soir, je me crème amoureusement mon « petit » bidou, en expliquant à mon mari que la nouvelle lune, c’est de la pure bêtise et que, preuve en est, je n’aurais toujours pas accouché ce week-end. Je me sens en forme, bien, loin d’accoucher. Je vous avoue que, même si j’étais à J-3 de ma DPA, je profitais encore de chaque instant avec bébé dans mon ventre 🙂 .

Et puis, vers 4h du matin, je réveille mon mari. Je me sens nauséeuse et pas au top. Je pense recommencer un épisode de faux travail. Bébé tape comme un dingue, c’est une vraie numba là-dedans. 2 minutes après, j’entends un « ploc ». Ok, je me dis que j’ai rêvé, car je ne ressens aucune douleur et rien ne se passe. S’en suit un deuxième « ploc » 3 minutes après. Et là, je perds les eaux ! Façon Hollywood, impossible de se tromper ! Je ne pensais même pas que cela été possible. Pas de doute, c’est le grand jour ! Je savais que j’avais 2h pour arriver à la maternité, ainsi, je ne me suis pas pressée : douche, repas, gâteau (qui était prévu pour le petit dej’ du lendemain), boucler les valises, faire un câlin aux doudous,… C’est comme ça que je suis arrivée sans stress à la maternité à 06h du matin, pile dans l’intervalle des 2h.

baby bump
Dernière photo de mon baby bump à la maternité : 40SA+4

La phase de pré-travail

Arrivée à la maternité, je suis rapidement pris en charge. Sur le chemin, j’ai commencé à ressentir les premières contractions. Vraiment faciles, peu douloureuses et tellement courtes (40 secondes). Après un examen, il s’avère que je suis à 1cm et que mon col est ramolli. C’est donc parfait, car, à priori, il n’y aura pas besoin de me déclencher. Après un monitoring d’une heure qui confirme que le bébé se porte bien, nous partons marcher une petite heure et demi autour de la maternité. Oui, sauf qu’il est 8h du matin, et qu’il fait un froid de canard ! En plus, je suis partie en robe de grossesse, ma préférée, enfilée spécialement pour l’occasion. Du coup, nous décidons d’aller dans la voiture pour que mon mari ouvre sa boîte à papa tant qu’on a un peu de temps, puis, d’aller arpenter les escaliers de la maternité afin d’accélérer le travail. Au bout d’un moment, sans crier gare, je sens que je ne peux plus descendre les 2 étages montés deux minutes auparavant. J’y arrive tant bien que mal en mode mamie, et nous repartons aux urgences maternité. Un nouvel examen confirme que je suis à 3cm. On nous installe donc en salle de pré-travail.

pré travail
Ma tête épuisée à l’issu du pré-travail

On me pose alors un nouveau monitoring. Tout va très bien et, visiblement, j’ai des contractions fortes et plus longues que la moyenne (1 minute 30). Ok, ben pour moi, elles sont peu douloureuses et courtes par rapport à mon faux travail. C’est donc très très gérable. À ce moment-là, je décide de relire mes exercices de respiration pour gérer les contractions si jamais elles s’intensifient et mes exercices pour accélérer le travail. Entre chaque contraction, je fais des demi-pointes/talon sur ma galette, à fond, comme si je m’entraînais pour le marathon. Et ça paie ! Car le travail avance bien. À 5cm, je commence à vraiment avoir mal, me concentrer sur ma respiration m’aide à me centrer sur autre chose que la douleur. Encore une fois, je m’attendais à bien pire. On me propose de me doucher (ce fut une épreuve assez compliquée avec les contractions douloureuses toutes les 2 minutes 🙂 ) et de ne pas prendre la péridurale vu que je gère la douleur. Euuuuuh, joker ! Non, non, là maintenant, je souhaite la péri 😉 . Surtout que je suis à 6cm et que ça commence à piquer un peu 😉 .

Mon accouchement et la grande rencontre

J’arrive donc en salle d’accouchement, appelée également salle de travail, en fauteuil roulant vers 14h30. Nous avons la chance d’être installés dans la salle dite « physio ». Elle est super jolie, avec un décor de cerisiers en fleurs, toute rosée. Tout ce que j’aime. Je suis très contente, et j’ai hâte de rencontrer enfin mon fils !

L’anesthésiste arrive très vite, mon mari est autorisé à rester pendant la pose de la péridurale. Personnellement, cela ne me fait pas peur du tout, mais c’est chouette de vivre l’intégralité de l’accouchement avec lui. En deux temps trois mouvements elle est posée. Je demande la dose minimale, car je souhaite ressentir absolument tout, quitte à avoir un peu mal. J’ai à cœur de vivre mon accouchement, certes, sans trop de douleurs, mais à 100%. La douleur s’estompe plutôt bien. À ce moment-là, malgré la fatigue de mes 10 heures de travail et de ma nuit blanche (oui, car à 4h du mat, je ne dormais pas, insomnies de grossesse bonsoiiiiir 😉 ), je continue les exercices en position allongée que j’avais vu en préparation à l’accouchement. On me pose une perfusion d’ocytocine pour accélérer un peu le travail. À 15h30, soit une heure après, je suis à 10cm. La sage femme me dit que j’ai 2h pour que le bébé s’engage dans mon bassin, sans quoi, il faudrait trouver une autre alternative. Avec mon mari, qui me soutient à fond sur la gestion de ma respiration et sur l’accomplissement de mes exercices tel un vrai coach sportif, nous restons actifs dans mon accouchement ! Malheureusement, la maternité est débordée, la nouvelle lune visiblement (encore elle, cette coquine 😉 ). Le CHU est débordé aussi, bref, tout Bordeaux est en train d’accoucher 😉 . Du coup, la sage femme ne revient en salle que 1h30 après, sur 2h, je trouve le temps long, car j’aimerais bien avoir un contrôle. Tout ça pour me dire que le bébé n’a pas bougé. On tente de l’engager par une poussée. J’applique encore ce qu’on m’a appris pendant mes cours et ne me contente pas de me mettre en position standard. Et en une poussée, pouf, bébé est totalement engagé. Ça y est, nous y sommes, la grande rencontre n’a jamais été aussi proche !

rencontre bébé

La sage femme et l’auxiliaire de puériculture s’installent. Et m’encouragent à fond. La péridurale étant peu dosée et n’ayant pas appuyée une seule fois dessus, je ressens tout, toutes les étapes du passage de mon fils, j’ai même un peu mal et des crampes au mollet. Il s’avère que je pouvais même marcher tellement elle était faible. C’était parfait ! Exactement ce que je souhaitais ! Et en moins d’une demi-heure, à 18h03, après 14h de travail, Logan a poussé son premier cri. Un moment magique, indescriptible pour une naissance tout en douceur, sans instrument ni aucune aide excepté la péridurale. . À la fois soulagée d’avoir fini ce marathon, épuisée, remplie d’adrénaline après ce combat et émue par cette rencontre hors du commun, on me pose mon fils sur moi, il attrape le doigt de mon mari instantanément et plonge son regard dans le mien. S’en ai trop, je pleure comme une madeleine. Mon mari a également la larme à l’œil. Nous avons enfin notre fils avec nous, nous sommes devenus parents ! Mon mari coupe le cordon, l’équipe réalise les premiers soins de bébé et nous restons en peau à peau plus de 2h. Nous en avons profité pour partager ensemble un nouveau lien avec la tétée d’accueil. 2h à se contempler l’un l’autre, deux heures passées en quelques minutes (les 14h de travail aussi, je vous dirais), deux heures sur une autre planète. Un moment unique, dont je me rappellerai toute ma vie. Que mon fils est beau ! Encore plus beau que je l’avais imaginé… J’ai pris conscience que, ça y est, ma vie avait changé à jamais. J’étais devenue une maman et Cédric un papa. Nous allions connaître un amour infini et sans limites, mais aussi des peurs, des remises en question, et ce, jusqu’à la fin de notre vie. Un tourbillon de sentiments extrêmement puissants et qui, avec le recul, décontenancent totalement. Nous ne sommes absolument pas préparés à vivre une telle intensité d’émotions et je pense que c’est en partie ce qui amène à vivre un baby blues quelques jours après l’accouchement.

peau à peau bébé
La grande rencontre

J’ai pris un réel plaisir à vous partager mon histoire, notre histoire. Et ce n’est pas sans émotion, je ne vais pas vous cacher que les larmes ont coulé en me rappelant ce jour extraordinaire. Vous n’avez pas encore accouché ? N’ayez pas peur, je vous promets que cela peut être un jour magnifique. Je pourrais accoucher de nouveau demain sans soucis ! Je suis même nostalgique de cette jolie journée. À ce jour, elle est gravée comme étant le plus beau jour de ma vie avec le jour où j’ai dit « oui » à mon mari 🙂 . J’ai vécu l’accouchement de mes rêves, quasiment ce que je voulais dans le meilleur des cas, et ça, ça n’a pas de prix. Oui, la grossesse me manque de temps en temps, mais j’ai gagné le plus beau des cadeaux, celui d’avoir donné la vie…

J’espère que cet article vous aura plu, je vous ai partagé mon histoire avec mon âme et mes tripes, sans détour… N’hésitez pas vous aussi à nous raconter la vôtre en commentaires.

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One Reply to “Le jour où je suis devenue maman”

  1. Merci infiniment de nous partager ton histoire. C’est tellement beau à lire. Ces instants sont si précieux. Ils n’arrivent qu’une fois.
    Et je trouve ça tellement chouette que des mamans comme toi libèrent la parole et partage leur expérience. Ça permet aux futures mamans de se projeter et de casser quelques fausses idées que l’on véhicule encore trop souvent et qui angoissent les femmes enceintes.
    Alors merci d’avoir pris ton clavier pour nous partager ce moment unique.
    Je suis toute émue d’avoir l’honneur de lire ce bel article.
    A bientôt,
    Charlotte.

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